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Revue Horizons publics N°13

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INTERVIEW D’EMMANUEL GROS Directeur général des services de la mairie de la Roche-sur-Yon, membre de la commission management du SNDGCT

Emmanuel Gros a supervisé, en partenariat avec CTR, la réalisation d’une enquête intitulée « Les communes face à l’absentéisme ». Diffusée auprès des adhérents du SNDGCT, cette enquête visait à évaluer la perception de l’absentéisme, les actions mises en place et à recueillir les données relatives aux absences.

Pourquoi avoir décidé de réaliser une enquête sur l’absentéisme ?

Nous sommes tous confrontés à l’évolution à la hausse du taux de l’absentéisme. Ce phénomène s’est accentué avec la suppression du jour de carence qui a entrainé une augmentation des absences et des coûts y afférents. Dans ma collectivité, à la Roche-sur-Yon, ce surcoût a été évalué à 86 000 €. Dans le contexte budgétaire actuel, alors même que toutes les collectivités recherchent de nouvelles marges de manœuvre, nous ne pouvons ignorer les coûts importants liés à l’absence.

Au-delà des enjeux financiers, l’absentéisme est également à appréhender sous un prisme « RH ». C’est pourquoi, une réflexion sur les causes de l’absence est intéressante. L’amélioration de la qualité de vie au travail doit faire partie des axes d’intervention pour limiter l’absentéisme.

Enfin, les nouvelles obligations légales en matière de prévention de la pénibilité au travail incitent aussi les employeurs à s’attaquer à la question de l’absentéisme.

Dans ce contexte, il nous a semblé intéressant de sonder nos adhérents sur leur perception et leur gestion de l’absentéisme.

Avez-vous été surpris par les résultats de cette enquête ?

Globalement, je n’ai pas été surpris pas les résultats chiffrés qui sont en adéquation avec les tendances nationales, ni par la prise de conscience forte autour de l’absentéisme (plus de ¾ des répondants considèrent qu’il s’agit d’un enjeu « important » ou « très important »).

En revanche, j’ai été étonné par le peu de moyens déployés par les collectivités pour traiter ce problème (70 % des communes consacrent moins de 0.5 ETP à la gestion de l’absentéisme). La faible connaissance des indicateurs chiffrés de l’absentéisme, dès lors qu’ils dépassent le simple cadre des bilans sociaux, est aussi un constat qui nous a interpellés. De même, la difficulté des communes à chiffrer les coûts liés à l’absentéisme apparait comme un point de vigilance à prendre en considération. Enfin, j’ai été surpris de constater que beaucoup de communes n’étaient pas à jour dans leurs obligations concernant le document unique et la prévention de la pénibilité.

Quelles sont les actions prévues par le SNDGCT pour agir contre l’absentéisme ?

Une fois ce constat dressé et ces observations réalisées, nous avons la nécessité d’agir. Plusieurs observatoires et associations (Primo France…) ou sociétés de conseil, peuvent accompagner les collectivités dans l’amélioration de la gestion de l’absentéisme.

Il convient aussi de promouvoir une démarche transversale avec des échanges de bonnes pratiques entre les collectivités. Il ne faut pas que les décideurs territoriaux se sentent démunis face à cette question. Au niveau de la commission Management du SNDGCT, nous prévoyons d’inscrire cette thématique à l’ordre du jour de nos travaux. Au-delà d’une analyse ponctuelle, nous pourrions envisager de créer un observatoire permanent afin de consolider les données et les retours d’expérience, à l’instar de l’Observatoire de la mutualisation mis en place par le Syndicat sur les régions Auvergne, Bretagne, pays-de-La-Loire.

La gestion de l’absentéisme est devenue aujourd’hui un enjeu de performance incontournable, tant sur le plan humain, économique et organisationnel. Les décideurs territoriaux n’ont d’autre choix que de s’y intéresser et de mettre en œuvre des plans d’actions.

Chiffres clés de l’enquête absentéisme

77 % des répondants considèrent l’absentéisme comme un enjeu majeur
42 % ne remplissent pas leur obligation légale en matière de Document unique (absence de DU ou de mise à jour)
93 % ne réalisent pas de fiches individuelles de suivi de la pénibilité
87 % jugent la désorganisation des services comme une conséquence majeure de l’absentéisme
4 % ont déjà fait appel à un prestataire externe
51 % souhaiteraient réaliser un diagnostic absentéisme

Consultez tous les résultats de l’enquête

 

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